Le bouddhisme vietnamien

Le bouddhisme est largement défini non pas comme une religion mais plutôt comme une philosophie orientale, fondée en Inde par Siddhârta Gautama (vers 560-483 av. J.-C.), prince de la tribu des Sakya, connu sous le nom de Bouddha "l'Illuminé". Le but de cette philosophie est de sortir du cycle des réincarnations et accéder au nirvana (affranchissement éternel de la succession d'épreuves qu'est la vie terrestre).

Le bouddhisme tient davantage de l'éthique que de la religion. Il s'agit en fait de supprimer les désirs tentateurs (désir d’exister, de plaire, de posséder ...), qui sont à l’origine de la souffrance universelle, pour atteindre le nirvana (vérité absolue et délivrance totale) et par là-même devenir Bouddha ("l'éveil"). On peut l'atteindre lorsque l'on a reçu l'illumination parfaite en suivant le chemin du juste : vue juste, pensée juste, langage juste, action juste, existence juste, pratique juste, volonté juste et méditation juste. Deux croyances fondamentales organisent la philosophie du bouddhisme : tous les êtres vivants se réincarnent un nombre indéfini de fois ; le déroulement de chaque vie est prévu selon les actions accomplies dans la vie précédente.

Selon le bouddhisme, tout est transitoire. Il y a un commencement, une durée et une fin. Par conséquent, il n'existe pas, pour les bouddhistes, de Dieu créateur et éternel.

Le bouddhisme aurait été introduit au Vietnam dès le début de notre ère (vers la fin du deuxième siècle) tant par la voie maritime - le bouddhisme venu du Sud ou le « Petit véhicule » - que par la voie terrestre - le bouddhisme venu du Nord ou le « Grand véhicule ».

Le bouddhisme a connu son apogée au Vietnam du 12ème au 14ème siècle, sous les dynasties des Ly et des Tran qui l’ont porté au rang de religion nationale. Bouddhisme et politique s’immisçait alors, plusieurs bronzes participant à la vie politique et plusieurs monarques étant bronzes. La pagode était devenue le centre culturel des communautés villageoises, les bronzes jouaient en même temps le rôle d’instituteur.

A partir du 15ème siècle, le bouddhisme céda sa place au confucianisme au niveau de la superstructure sociale. Il quitta la Cour mais reste ancré dans les villages, où les pagodes constituent toujours le point de repère de la vie spirituelle de la population.

Le bouddhisme a joué un rôle très important pendant les guerres de résistance, par sa conception hostile aux agressions. Il est donc de notre jour soutenu politiquement, contrairement à ce que disent souvent les observateurs mal informés qui prétendent qu’il est réprimé.

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