L'histoire du peuple vietnamien est une histoire touffue et mouvementée, marquée par des occupations étrangères et des guerres de résistance successives. Elle s'est développée avec des fortunes diverses, des progrès et des reculs, comme celle de tous les peuples. Mais l'écrivain américain Susan Sontag a remarqué à juste titre, à son retour à Hanoi en pleine guerre, que "l'histoire est (ici) vécue, ressentie; elle n'a rien de commun avec cet exercice abstrait…, surtout prôné par des intellectuels occidentaux". Ainsi, nous n'avons pas la vocation à faire dans le cadre de cette présentation un exposé, même récapitulatif, de l'histoire vietnamienne. Nous estimons cependant nécessaire, notamment pour les profanes, de retenir quelques repères pour avoir un minimum de connaissances historiques sur notre pays.
On pourrait dire pour résumer que, tout en cherchant à s'étendre vers le Sud, le Vietnam s'est toujours préoccupé de se défendre contre son puissant voisin du Nord : La Chine expansionniste.
Le professeur Huu Ngoc, parfaitement francophone et francophile, a proposé la formule suivante pour soulager la mémoire de l'histoire du Vietnam:
Ce qui veut dire:

Après une courte période de repli sur soi et d'économie planifiée depuis la réunification du pays, le Vietnam a commencé à s'ouvrir vers l'extérieur depuis 1986, avec l'adoption de la politique dite de renouveau, politique qui a rapidement sorti le pays des difficultés économiques et diplomatiques. Le rétablissement des relations avec les États-Unis est amorcé en 1992, avec le relèvement de l'embargo. Le Vietnam est devenu membre à part entière de l'Association des pays de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) en 1995 et son adhésion à l'OMC a lieu en 2006.
L'immixtion des amiraux français dans le domaine politique suivie d'interventions militaires à l'intérieur des frontières de la nation, allait aboutir à la signature des traités de 1862 et 1874 plaçant le Viêt-Nam sous le tutelle de la France.
Le royaume de feu l'empereur Gia-Long fut intégré dans une entité géographique appelée « Indochine Française » englobant deux autres pays : le Cambodge et le Laos.
Pour des raisons de commodité administrative, le Viêt-Nam était aussitôt scindé en trois parties : le Tonkin au Nord, l'Annam au Centre et la Cochinchine au Sud. Tandis que la Cochinchine était directement gouvernée par les autorités françaises en tant que colonie, le Tonkin et l'Annam, devenus protectorats français, conservaient une certaine autonomie incarnée par un empereur, descendant des Nguyên, qui détenait un pouvoir plutôt symbolique.
Cette abdication de la souveraineté notionnelle devait entraîner les patriotes vietnamiens dans une lutte sans répit contre la France, lutte concrétisée par de nombreux et fréquents soulèvements armés à travers tout le royaume.
Il fallut cependant attendre la fin de. la seconde guerre mondiale pour voir le Viêt-Nam accéder à l'indépendance à la faveur de la conjoncture internationale.
A la suite de la neutralisation de l'autorité française, le 9 mars 1945, par les forces japonaises stationnées au Viêt-Nam, un premier gouvernement national présidé par feu le professeur Trân-Trong-Kim s'installait à Hué, en avril de la même année. Par la suite, plusieurs gouvemements se succédèrent à une cadence assez rapide, chacun d'eux ayant dû faire face à de nombreuses difficultés sur le plan interne aussi bien que sur le plan extérieur.
-Cette accession de fait à l’indépendance n'en restait pas moins sans valeur sur le plan international. Ce n’est que dix ans plus tard, c'est- à-dire le 4 Juin 1954, que le Gouvernement de la République Française avalisait juridiquement l’indépendance du Viêt-Nam, lequel, par voie de conséquence, recouvrait légalement à cette date ses frontières historiques, telles qu'elles figuraient dans les relevés topographiques officiels de 1862.
La grande joie du peuple vietnamien fut de courte durée. En effet, le destin du pays n'en était pas pour autant scellé : un mois plus tard, le 21 Juillet 1954 exactement la Conférence de Genève, entérinant les accords de cessez-le-feu intervenus entre la France et le Viêt-minh, décrétait la scission du territoire national en deux portions à peu près égales, selon une ligne de démarcation constituée par le 17e parallèle, approximativement à la hauteur de la Rivière Bên-Hai, dans la province de Quang-Tri (Centre Viêt-Nam).
Les provinces se trouvant au Nord de cette rivière relèveraient désormais de la «République Démocratique du Viêt-Nam», tandis que les territoires situés au Sud allaient passer d'abord sous la juridiction de l'Etat du Viêt-Nam, ensuite sous celle de la République du Viêt-Nam fondée le 26 Octobre 1955, après un référendum populaire. Enfin, le 1er Novembre 1963 une grande révolution menée conjointement par l’armée et le Peuple, réussit à renverser le régime dictatorial de Ngô-Dinh-Diêm et à instaurer la Seconde République. Depuis lors, plusieurs gouvernements civils et militaires se sont succédés à Saigon avec des fortunes diverses