
La région du Haut Xekong se situe dans le Nord de la province de Xekong (Sékong), la plus reculée et la plus pauvre du Laos. Sur sa face orientale, elle est frontalière avec le Vietnam, au Nord et à l’Ouest, avec la province de Saravane, au Sud, avec le plateau des Bolovens et avec la province d’Attapeu. Pour une surface de sept mille six cent soixante cinq kilomètres carrés, la province possède quatre districts, deux cent cinquante deux villages et quatre vingt dix huit milles âmes reparties en quatorze groupes ethniques, constituant quatre vingt quinze pour cent de la population, le reste étant de souche lao.
Le Haut Xekong s’étend au Nord du district de Kalum, entre les provinces de Saravan et de Xekong. Réputée pour son inaccessibilité, la contrée est formée par le complexe entrelacs que constituent les massifs centraux de la Cordillère annamitique. Sur sa partie orientale, l’ensemble longe la frontière vietnamienne et est en partie recouvert de forêts-clairières ou de jungles subtropicales. Le Xekong prend sa source au plus haut de la Cordillère annamitique, dans le district d’A Luoi au Vietnam, puis traverse le sud Laos, contourne le plateau des Bolovens et se jette dans le Mékong au niveau de Stung Treng au Cambodge.

Le Haut Xekong est l’une des dernières zones vierges de l’Indochine péninsulaire, il est en quelque sorte une ultime frontière, une terre sauvage peuplée de minorités ethniques proto-indochinoises, groupes d’origine austroasiatiques. La majorité d’entre eux appartiennent au groupe linguistique katouique (groupes Katu, Bru, Alak, Talieng, Harak, Nye, Dakkang), l’autre au groupe bahnarique (groupes Triang, Jru, Heuny, Harak, Ta Oy, Jru Dak et Lavi). Ces populations vivent souvent à l’écart du monde moderne, dans des districts montagneux, dans des villages et des hameaux établis le long de cours d’eau, dans des clairières ou sur des crêtes cernées par la jungle. A peine étudiés, ils pratiquent la culture sur brûlis, l’animisme, le chamanisme, des sacrifices de buffles et ont des liens étroits avec les jungles dans lesquelles ils voient la résidence de nombreux génies. Le cœur de ces jungles se trouve dans le parc national du Xe Sap NBCA. A l’époque coloniale, la région était sujette à de nombreux phantasmes, redoutée, jugée inaccessible, un genre de blanc sur la carte, confins insoumis, pays de rebelles et de coupeurs de têtes, notamment à cause des Katu et leurs fameuses Chasses au Sang. Le Haut Xekong ne fut soumis qu’en 1938, pour un an, la zone retombant vite dans une rébellion ouverte armée. Durant la guerre d’Indochine, elle devint un sanctuaire vietminh, durant la guerre du Vietnam, les Nord-Vietnamiens y établirent des bases militaires et y taillèrent les ramifications de la piste Hô Chi Minh, exposant ainsi ces montagnes à d’intenses bombardements menés par l’USAF.
Désormais cette région constitue le cœur du Pays katu, dans les méandres occidentaux de la Cordillère annamitique, dans un relief tourmenté composé d’étroites vallées creusées par d’impétueux torrents, constituant une redoute, une barrière naturelle, au pied de laquelle s’arrêtent souvent les influences extérieures. Tous ces éléments contribuent au fait que le Haut Xekong soit auréolée de mystères et, sans forcement rentrer dans le cœur des jungles, le voyageur pourra découvrir une région inconnue, sauvage, envoûtante, irrésistible.
Découvrez les KATU du Haut Sékong: http://www.amica-travel.com/vietnam-le-guide-culturel/population-du-vietnam/les-katu-du-haut-xekong