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À la rencontre de l'ethnie Opa au Laos

Par L’équipe d'Amica Travel
05 Mai 2015

Les Opa (O'Pa ou Eupa) forment l’une des plus petites branches de la famille tibéto-birmane (lolo-birmane), leur groupe est un des plus mystérieux du Laos (et d’Asie du Sud-Est), mis à part la monographie d’Henri Roux de 1924, rares sont les études les concernant.

Les Opa sont repartis en quatre villages sur les contreforts orientaux du mont Phu Sang, soit à peine sept cent individus. Les quatre villages relativement proches les uns des autres dominent la moyenne Nam Ly, affluent de la Nam Ou, de part et d’autres d’immenses brûlis et un ensemble de monts, de crêtes, de vallées et de contre-vallées, de talwegs et de ravins souvent embrumées. Les principales activités des Opa sont la culture du riz sur brûlis, du pavot, le tissage et l’élevage. Depuis 1954, rares sont les Occidentaux à rentrer ou à séjourner en ces lieux, villages-sanctuaires improbables, reculés, accessibles via de mauvaises pistes de montagne ou la haute Nam Ou. Les habitants y sont au premier abord plutôt craintifs, les jeunes se pétrifient ou partent en courant, voir en pleurant à la vue d’un étranger ; les adultes et les anciens le considère avec curiosité, égards et courtoisie, comme s’il était membre d’une délégation officielle, le premier représentant de l’Occident, un ambassadeur, un signe. 

Les Opa du Laos

     Leurs maisons sont traditionnellement bâties en terre cuite, d’épais murs et l’absence de fenêtres y confèrent une certaine fraicheur, de minuscules lucarnes y laissent passer quelques raies de lumière, le toit est en chaume ou en bambou, de plus en plus en tôle ondulée, elles sont constituées d’une pièce centrale, de deux ou trois chambres et d’une cuisine. Chaque maison possède un "Ap’olakhay", le panier des ancêtres dans lequel demeureraient des "Nè", esprits en l’occurrence des ancêtres.

     Les femmes opa se distinguent par la beauté de leurs coiffes, les jeunes portant d’imposantes tiares rondes ornées de fils d’argent, de piastres ou d’autres pièces d’argent ; les mariées, des coiffes triangulaires ressemblant à des bonnets frégiens également recouverts d’ornements en argent. Elles vouent également un culte exotique au sein, ce dernier ne doit pas être caché, mais au contraire exposé, admiré, dans le village, en brousse, dans les champs et où bon elles souhaitent exposer leur beauté sauvage.

Les Opa du Laos

     Leur quotidien est en phase avec les travaux agraires saisonniers et ne varie guère depuis la nuit des temps : recherche de bois dans les forêts voisines, transport des fagots vers le village, recherche d’herbes et de jeunes pousses pour le bétail, corvées d’eau, tamisage et pilonnage, pilonnage et tamisage, toutes les phases du tissage, du rouet au métier à tisser, la cuisson du riz, la préparation de la pitance des cochons etc.

     Elles conservent les placentas et les disposent dans de gros tubes de bambou devant les maisons, ce afin de chasser d’autres néfastes ou les tigres-garous, qui d’après elles, hanteraient les bois voisins. Le suprême malheur serait le fait d’avoir des jumeaux, la grossesse est en partie gérée par une série  d’interdits, les femmes accouchent assises, en cas de complication le chaman intervient, réalise quelques sacrifices et autres rites :

" Les fourmis naissent, les chiens naissent, les cochons naissent. En un mot toutes les bêtes naissent. Tu n’es pas seul à naitre. Sors donc vite. Sors donc vite. Je te donne un cochon et un chien. Manges à ta fin et sors donc vite." 

Les Opa du Laos

     Durant les pluies, de mai à novembre, les Opa s’activent dans leurs champs, période cruciale, vitale ; durant la saison sèche, ils préparent les brûlis, incendiant de nouvelles parcelles, des feux et des nuages de fumée barrent souvent l’horizon, conférant à la contrée une étrange atmosphère d’abandon.  

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