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Les Katu du Haut Xékong

Enfants Katu - Amica Travel

Origines et population

15 589 dans la province de Xekong, soit 24% de la population, les Katu, ou Kantou, seraient originaires du Vietnam (provinces de Thua Thiên Huê et de Quang Nam), dans le district de Kalum, ils sont divisés en sept sous-groupes, les Asan, Tang, Peuvay, Arak Nye, Avang Sen, Peung et Chatong. De culture patrilinéaire et animiste, leur univers est circulaire, centré et présente de remarquables caractéristiques morphologiques. Leur principale caractéristique est la forme circulaire de leurs villages, avec en son centre, la maison commune.

Jusque dans les années 1930, les Katu étaient connus pour leurs Chasses au Sang. Comme certains groupes de Bornéo et de Nouvelle-Guinée, les Katu menaient des expéditions guerrières contre des villages voisins, ce afin de capturer des victimes à sacrifier aux génies. L’expédition de sang était en général décidée par un conseil d’hommes, souvent suite à une malemort ou à une récolte insuffisante, ensuite les guerriers parcouraient la brousse, capturaient leurs infortunées victimes, les perçaient de leurs longues lances, avant d’en consommer le sang, le foie et le cœur. Les humains sacrifiés sont désormais remplacés par les buffles. Généralement, chez les Katu, le buffle est un animal sacré, il n’appartient pas à un individu ou à un village, mais aux ancêtres. On ne le mangera jamais pour apaiser sa faim ou pour faire ripaille, mais toujours à l’occasion d’une cérémonie rituelle : mort, fête des semailles, fête de la moisson, fête du printemps.

 Le village

Village Katu - Amica Travel
Vie quotidienne dans un village Katu

Un village katu représente une sérié de cercles, le plus visible étant celui formé par les habitations toutes orientées vers le centre. Ces habitations peuvent accueillir plus de trente membres d’un même segment de patrilignage, soit entre deux et trois familles (dans le passé plus de cent individus). Autour du village des arcs de cercles sont formés par les rivières, et des lignes de crêtes dominant les villages. Le centre du dispositif, étant le point central du village, les poteaux de sacrifices en kapokier, en temps ordinaire, commémorant les sacrifices passés, mais en période rituelle, supposés faire passer l’âme des buffles sacrifiés vers les trois mondes katu. La cosmologie katu se retrouve sous forme d’autres éléments arrondis : toits des habitations, gongs, jarres, pipes et tambours. Jadis tambours de guerre, toujours protecteurs et pourvoyeurs d’autorité, détenteurs d’après les locaux d’une vraie vie intérieure, ils sont placés, en cas de cérémonies, au centre du grand cercle, proche des poteaux sacrificiels. La maison commune (rôong) caractéristique de nombreux groupes proto-indochinois dont les Bahnars du Vietnam. Elle se trouve toujours au centre des villages, se distingue par son abondance de sculptures totémiques et de dessins polychromes, à l’intérieur, comme à l’extérieur, elle cumule de nombreuses fonctions sociales et l’on y accomplit des rites animistes, notamment les sacrifices de buffles. On retrouve, sous le pilier central, un être androgyne, synthèse du couple ancestral.

La maison Katu

Les maisons katu sont donc orientées vers le cercle central du village, juchées sur de courts pilotis, prolongées par un auvent semi circulaire, et couvertes par un épais toit de chaume. Les sculptures ornant les piliers principaux et secondaires représentent souvent des lézard géants prolongés par une tête humanoïde, ou l’être légendaire, figure pouvant aussi être accroupie, se tenant la tête entre les mains, à l’air un peu anxieux. Sur le pilier central est posé une longue poutre faîtière sur laquelle s’appuient les traverses qui reposent sur une planche reliant les petits poteaux circulaires. Toutes ces pièces de bois sont dépouillées de leur écorce et soigneusement arrondies. Une petite cloison en bambou tressé, d’un mètre à un mètre cinquante de haut clôt la maison, reliant les lattes du plancher à la toiture qui, à l’extérieur, est maintenue et protégée des bourrasques par de longs rondins de bois dont les extrémités se croisent en courbe élégante sur le faîte. A chaque angle du toit, des pièces de bois sculptées sont posées, elles représentent des animaux stylisés, des silhouettes d’hommes ou quelquefois de simples phallus. A l’intérieur, une planche pouvant atteindre un mètre de haut, courbée au feu, épousant l’ovale de la maison, est quelquefois couverte de dessins : scènes de chasse ou de pêche, animaux sacrés, figures géométriques et signes étranges. Deux portes à glissière se font vis-à-vis. Nul mobilier, dans les maisons katu, une ambiance obscure règne, peu de fenêtres, quelques jarres, dont certaines fort anciennes contiennent le riz ou le manioc fermenté à l’odeur aigrelette, des tam-tams et des gongs. Au niveau du plancher, deux foyers en terre, où fument toujours quelques tisons, au dessus, une claie supportant des bûches est destinée à arrêter les étincelles. A l’intérieur du toit pendent des épis de maïs, du tabac, de la viande boucanée, des filets de pêche, des pièges à animaux, dans les coins sombres, des amis hétéroclites d‘objets noircis, le tout étant souvent patiné d’un vernis noirâtre par la fumée omniprésente.

Vie quotidienne

Les Katu cultivent le manioc, le maïs, le riz, ils pratiquent l’élevage du porc, du buffle, du poulet et, dans certains villages, des chèvres. Dans la forêt, ils trouvent des plantes médicinales, fruits, racines, herbes et gibier qui forment la base de leur nourriture. Une fois cuite, ils conservent la viande dans des tubes en bambou où elle est empilée souvent avec du sel. Les Katu sont des essarteurs et ils cultivent le riz sauvage sur brûlis-abattis, la Haute Xekong étant une des rares régions où l’on peut observer cette activité, globalement interdite. Fondement des sociétés austroasiatiques, le rây est un champ temporaire, non irrigué, gagné sur la végétation sauvage incendiée. On le rencontre à toute altitude et jusqu’à 1200m environ. Il escalade les versants les plus raides, cernant les hameaux d’une auréole déboisée, et découpant sur les pentes ses tâches géométriques qui trouent la masse de la forêt. La préparation a lieu pendant la saison sèche. On débroussaille d’abord, ensuite on abat les gros arbres, souvent à un mètre et plus au-dessus du sol, le feu est ensuite mis à ces troncs desséchés par le soleil hivernal. Le sol apparaît ensuite couvert de cendres et où l’on sème le riz entre mai et juin. Les râys sont l’objet de tous les soins, ils sont parfois protégés par des barrières et par des batteries de bambous ou de vieux ustensiles de métal suspendus à des cordes et dont l’entrechoquement est censé faire fuir les nuisibles, sangliers sauvages, cerfs, éléphants sauvages, oiseaux etc.

Les Katu fument le khork
Les Katu fument le khrok'

Dès l’âge de huit ou dix ans ans, et jusqu’à un âge avancé, les Katu fument le khork’, une pipe à eau taillée dans un bambou, d’une longueur de cinquante à quatre vingt centimètres pour un diamètre de quatre à huit centimètres. Le tabac est cultivé localement, séché, puis haché, mélangé avec du miel, puis infusé dans de l’eau avant d’être roulé puis introduit dans les gros foyers des pipes. Fumer pour une femme katu s’associe à tous les travaux, et il n’est pas rare de les croiser fumant dans des râys, en marchant, tissant etc.

Chez les Katu du Haut Xekong,  les carences alimentaires sont légion, le riz cultivé sur brûlis ne suffit pas à nourrir les villages toute l’année et la soudure entre deux récoltes doit se faire avec des racines de manioc, hachées, puis broyées et cuites, produisant un brouet remplaçant le riz. Les Katu manquent de richesses naturelles et leur seule ressource sont l’or du Xekong, revendu à des Vietnamiens (bénéfice de 20 USD pour trois mois d’orpaillage). D’autres bénéfices proviennent des produits de la chasse, également forts appréciés par les vietnamiens, et il n’est pas rare de croiser des chasseurs katu traquant des cerfs, des serpents et des oiseaux rares.

L’isolement géographique des Katu, leur manque total d'infrastructures et les longues journées de marche les séparant du premier marché, l’impraticabilité de certains sentiers durant les pluies rendent mal aisés les échanges commerciaux. Tous les villages du Haut Xekong, surtout ceux près du fleuve, vivent dans une sorte d’autarcie, le salaire moyen d’un Katu étant en moyenne de 5 USD par mois. Le riz récolté est si peu abondant dans la région qu'il semble le plus souvent hors de question de l'utiliser autrement que pour l'alimentation et rarement pour la confection d'alcool.

Le matin et le soir, les femmes et enfants katu se livrent à de longues séances de décorticage du paddy, laborieuse opération permettant de séparer le grain du son. Les villages résonnent alors de lourds coups des mortiers. Les séances de décorticage s’effectuent souvent à deux et en cadence autour du mortier. Ses séances s’effectuent souvent sous l’auvent des maisonnées, entre les poules et les cochons, souvent à l’affut de quelques grains à grappiller. Une fois le paddy décortiqué, on se doit de séparer le grain du son. Cette opération s’effectue à l’aide de grands vans, genre de plateaux circulaires en vannerie. Les femmes le soulèvent verticalement en effectuant de petits mouvements circulaires, créant ainsi une légère aspiration, qui cumulée à la bise, emporte le son au loin, les grains retombant dans les vans. Les grains de riz sont ensuite cuits façon lao, à la vapeur.

Est-il possible de rencontrer les Katu ?

Découvrez notre proposition de circuit, pour être au plus près de cette ethnie : Terres mystiques du Haut Xékong

Sources :
Mr Le Pichon
Mr Y. Goudineau
Mr Lionel Buléon
Mr Vidal